Présentation du blogue

Onze finissants d’Arts et Lettres accompagnés de deux enseignants, Christian Braën et Guy Bourbonnais, suivront les traces de Haruki Murakami, auteur à l’étude sur lequel ils se sont penchés avec ardeur, au Japon. Suivez-les à travers leurs textes, témoignages de découvertes, d’éblouissement et d’éveil. Ce voyage est pour eux l’occasion de se plonger concrètement dans l’univers ambivalent et onirique de Murakami.

mercredi 8 juin 2011

Note de l'éditeur au sujet des photos

Vous ressentez fort possiblement une vive impatience à l'idée de voir de nouvelles photos apparaître dans l'album. Il semble impossible aux étudiants, depuis qu'ils sont à Kyoto, de transférer leurs photos. Chaque tentative s'est avérée un échec.

Le problème devrait se corriger éventuellement.

Les Dessous du Japon: les masques

Shibuya, Tokyo. 3 juin. 11h02

Nous avons remarqué, depuis le début de notre voyage, que plusieurs personnes, en public, portent des masques hygiéniques (du genre de ceux des dentistes ou des chirurgiens).

Notre hypothèse : Les Japonais sont tellement nombreux dans les lieux publics qu’ils portent des masques pour éviter d’être contaminés par les germes des autres.

Notre verdict : Après enquête, nous nous sommes rendues compte qu’il s’agissait du contraire : lorsqu’ils sont malades, les Japonais portent des masques, par respect, pour éviter de transmettre leurs microbes.

Par Miryam-Sophie et Catherine

Le moment du thé

La cérémonie du thé se révéla être une expérience sensorielle extraordinaire. Bien entendu, les papilles gustatives sont stimulées lorsque la matière verte et opaque entreprend sa descente dans mon eusophage. Un petit goût amer qui n’est pas du tout désagréable me surprend à la première gorgée et me charme totalement à la dernière. Mes yeux restent également accrochés aux moindres mouvements de Haruka, la belle-sœur de Christian, qui nous prépare le thé. Ses gestes lents et précis me permettent de profiter à chaque instant de la beauté de ce moment complexe et sacré. Le bol de thé que je fais tournoyer dans la paume de ma main affiche une véritable petite histoire avec la série de personnages aux couleurs flamboyantes qui y sont dessinés.

Les petits gâteaux d’un vert frais ont l’effet de cristaux émiettés sous ma langue. Un bonbon rugueux fond lentement à l’intérieur de mes joues. Les saveurs et textures nouvelles s’entrelacent dans une explosion de sensations jusque là inconnues. Ce moment, cette cérémonie restera à tout jamais unique. En effet, il est impossible de répéter la même cérémonie plus d’une fois d’une fois. Assurément, la prochaine fois serait différente. Tous les éléments, le décor, la couleur des kimonos, les douceurs servies, sont choisis en fonction du groupe reçu et de la période de l’année. La couleur dominante de notre cérémonie est le vert frais qui renvoie aux feuilles des arbres à ce moment du printemps. Je me sens immédiatement privilégiée d’avoir vécu un moment singulier qui restera gravé seulement dans treize esprits émerveillés.




Le groupe termine sa journée par la visite de deux temples en pleine nature. Les arbres crochus donnent à la forêt dense et sombre un aspect quelque peu effrayant. De nombreuses statues de pierres recouvertes de mousses et effritées par le passage du temps prennent l’aspect de véritables pierres tombales au centre des arbres squelettiques. Espérons seulement que l’esprit obscur de cette forêt ne viendra pas hanter mes rêves ce soir.

PAR ÉLISE PROVENCHER

De plus en plus zen

Ce matin, le réveille-matin nous a permis de dormir autant qu’on le voulait; personne n’est venu nous réveiller pour nous dire de nous lever, c’est le soleil qui a glissé sur nos visages pour nous prévenir qu’il était l’heure.

Aujourd’hui encore, nous avons fait la visite de deux magnifiques temples. Le Ginkakuji Temple est le premier que nous avons visité. Dès l’entrée, un jardin de pierre, nous était présenté. Les Japonais semblent avoir le besoin de se soucier des moindres détails. Cette mer de pierres était raclée de sorte que l’on pouvait imaginer se retrouver devant de l’eau, avec certaines places où les pierres étaient plus hautes, de façon à démontrer les vagues. Tous les détails étaient définis de sorte qu’il était facile d’imaginer ce qu’on nous représentait. Une fois notre contemplation faite, nous pouvions, à travers divers chemins, nous retrouver dans la montagne et la forêt. Le fait que la nature soit si magnifique, naturelle, nous interpelle. Ici la nature nous rappelle à quel point elle peut être réconfortante, zen, et qu’elle nous permet de nous questionner sur nous-mêmes, de voir certains aspects d’un nouvel œil.

C’est le passage devant plusieurs boutiques et surtout les questions de Japonais avides d’apprendre l’anglais qui m’ont arrachée à ma rêverie.

Kiyomizu est le deuxième temple que nous sommes allés voir durant la journée. Pour y parvenir, nous avons littéralement escaladé une rue pour enfin arriver à cette merveille qui nous a permis d’observer la ville de Kyoto dans toute sa splendeur.

L’ambiance au Japon, me donne envie d’y vivre. À tout moment de la journée, nous rencontrons des gens qui, même s’ils ne nous connaissent pas et qu’ils ne savent rien de nous, nous sourient, peu importe leur âge. Ils font en sorte que l’on se sente chez soi. Ce qui nous fait sentir le plus étranger, c’est tous ces temples et toutes ces traditions que l’on retrouve ici et qu’on ne voit pas ailleurs. Les forêts sont superbes, elles donnent envie de s’y perdre.
Je sens que je m’attache à ce pays magnifique et que lorsqu’il va falloir lui dire au revoir, je vais avoir un intense regret à le quitter.

PAR SARAH-KIM BOUDREAULT

mardi 7 juin 2011

La maiko

Le réveil est plutôt difficile après une courte nuit de sommeil. Le groupe se rend, ce matin, au temple Ginkakuji. Je suis complètement éblouie par la beauté de l’endroit. La lumière du matin se reflète par endroits sur la mousse veloutée et humide à travers les arbres. Des reflets dorés viennent sublimer ce vaste tapis verdoyant. Je n’arrive pas à croire que j’appartiens à ce monde digne d’un vrai conte de fées. Les branches tordues des arbres à l’aspect torturé créent un contraste fascinant à travers cette perfection dans une nature extrêmement contrôlée. Les hautes montagnes feuillues ont l’effet d’une caresse sur mon esprit souvent trop agité.

L’autre moment clé de la journée constitue en la visite chez la maiko. La maiko est une apprentie geisha. Le terme utilisé au Japon est plutôt « geiko » en raison de la connotation péjorative et sexuelle du mot « geisha ». La jeune femme pratique donc de nombreuses formes d’arts japonais dans l’intention de devenir une hôtesse raffinée auprès des clients aisés. Je reste admirative devant cette jeune femme de vocation d’à peine dix-neuf ans qui suit sa formation depuis l’âge de quinze ans. Je deviens immédiatement verte de jalousie devant cette beauté pure et sereine qui semble, malgré son jeune âge, emplie de sagesse. Son visage immaculé d’une lisse poudre lui confère une attitude paradoxalement très froide et envoûtante. Cette maiko, qui dévoue sa vie pour son art, nous exécute, à la fin de la rencontre, une danse inspirée du théâtre nô (un théâtre de geste, de facture traditionnelle et folklorique et caractérisé par des costumes flamboyants.) Ses gestes délicats et précis sont observés et suivis par mes grands yeux écarquillés. Les pans soyeux de son kimono fleuris ondulent légèrement à chacun de ses grands gestes fluides.


La journée se termine autour d’un bar à sushis dont les nombreux plats défilent devant nous sur un tapis roulant. Nous partageons le repas en riant, autour de sashimis et d’un très mauvais vin.

PAR ÉLISE PROVENCHER

Les Dessous du Japon: les toilettes

Toilettes des femmes, Tokyo Central youth hostel, Tokyo, 2 juin. 20h10.

Rarement les toilettes n’auront été autant au service de leurs utilisateurs ! On peut le dire, nos toilettes sont beaucoup moins performantes. À Tokyo, les toilettes Toto sont multifonctionnelles, offrant diverses options : siège chauffant, bidet optionnel, température de l’eau ajustable, musique « flushing sound » pour les plus timides, désodorisant puissant, intensité du « flushage » réglable, etc. Tout est conçu pour assurer le confort de notre postérieur et le bon déroulement de la procédure d’évacuation.

Notre Hypothèse : Les Japonais accordent une importance spéciale à leur hygiène digestive et puisqu’ils sont de nature réservée, ils ont besoin de détente pour s’adonner à la satisfaction des besoins naturels.

Nos preuves : Le papier hygiénique délicat et les portes des cabines gigantesques.

Bien que pouvant sembler superflues, ces options sont toutefois rapidement appréciées et nous ne verrions aucun inconvénient à importer ce modèle de toilettes chez nous.

PAR MYRIAM-SOPHIE ET CATHERINE

lundi 6 juin 2011

Chronique gastronomique

Après avoir visité un temple en or, quoi de mieux qu'une bonne soupe de udon! Nous sommes allés manger dans un petit restaurant qui m'a semblé très connu ici, à Kyoto, car il figure dans deux revues japonaises et plusieurs clients auraient aimé venir y manger si nous n’avions pas occupé toute la place.

La serveuse (surement l'unique sur les lieux) qui nous a servi, et qui devait être la propriétaire, était une gentille vieille petite dame très en forme. Elle semblait heureuse d'avoir des clients occidentaux. La place nous donnait l’impression de nous trouver carrément chez elle, dans sa demeure, ce qui créait une belle atmosphère.

Le plat principal de la place était une soupe- repas aux pâtes de udon. Deux choix de soupes étaient offerts : celle avec du tofu ou celles avec toutes sortes d’ingrédients. Les nouilles étaient parfaitement cuites, le bouillon avait un petit gout sucré agréable.

J’ai choisi celle au tofu et bien apprécié la façon avec laquelle il avait été frit. Peut-être aurais-je apprécié qu'il y en ait plus en rapport aux nouille, mais non, la soupe était excellente. Le goût était bien ajusté.

Il y a longtemps que ces restaurateurs cuisinent ce repas, et leurs clients semblent fidèles à l'endroit. J'ai bien aimé l'expérience.

XXX

PAR JADE ST-ARNAUD

Contemplation du Rokuon-Ji temple

4 juin (journée de déplacement)

Nous sommes arrivés depuis seulement quelques heures à Kyoto, la fatigue prend le dessus sur nos esprits, depuis que nous avons vu les futons sur lesquels nous tomberons dans les bras de Morphée, seulement quelques heures plus tard. Un souper sensationnel nous attendait. Même si je ne suis pas grande amateure de porc, celui qu’on nous a servi était sensationnel! Panné et d’une cuisson exquise, il était renversant. Malgré cette bonne nourriture, le sommeil m’a rattrapé d’un coup, dès le moment où ma tête a touché l’oreiller.

5 juin, première journée à Kyoto


Notre première journée dans cette ville commence avec un temps humide et chaud. Marchant d’un bon pas, nous nous dirigeons vers l’arrêt d’autobus, qui nous amènera vers le Pavillon d’or, ou plus communément appelé le Rokuon-Ji Temple, en japonais. C’était le premier temple que nous allions visiter. Le pavillon d’or est cet endroit où l’on se retrouve émerveillé, autant devant la splendeur tranditionnelle que par l’atmosphère de l'endroit. J’aurais voulu que ce soit chez moi. Dans la nature, à travers quelques bois, nous pouvons apercevoir quelques parcelles de ce temple, mais des arbres on été placés de sorte que nous ne puissions le voir au complet. Un suspense de forme dans nos esprits; on progresse avec l’envie de le voir toujours un peu plus. Nous arrivons finalement, face à lui, et pouvons le contempler dans toute sa splendeur. Séparé de nous par un lac, il nous est inaccessible, mais c’est cette inaccessibilité, qui le rend encore plus magnifique. Temple bouddhiste, il a, à plusieurs reprises, été incendié, par certaines personnes trouvaient sa beauté d’une trop grande envergure.

Les trois étages de ce temple, ont été conçus à trois époques différentes, ce qui en fait un temple architecturalement chargé d’histoire. Le premier étage a été fait dans le style des palais de l’époque Heian; le deuxième a le style des maisons des samouraïs; et le troisième se rapporte à l’époque des temples Zen.

Le temple était au départ la maison d’un aristocrate. C’est par la suite qu’il est devenu ce qu’il a été pendant de nombreuses années, avant d’être relégué au rang d’attrait touristique pour les nombreux voyageurs qui ont foulé les chemins entourant ce temple. Une forêt abrie les lieux de sa beauté; toutes les pierres sont placées de belle façon. Moi j’ai envie de m’y établir, d’y vivre, ou d’y rester un moment pour atteindre le calme et la splendeur; pour m’asseoir et contempler la nature, tout en écoutant le silence, brisé par le chant des oiseaux.

Pendant cette journée, nous sommes aussi allés visiter le Ryoanji temple, un temple avec un jardin de pierre, mais celui-ci ne ma pas autant parlé et touchée, comme l’a fait le Rokuon-Ji temple.

PAR SARAH-KIM BOUDREAULT

La nature est un temple

Moi qui pensais préférer Tokyo à Kyoto, me voilà foudroyée par la beauté de cette dernière. En entrant dans la ville, l’autobus traverse un boulevard animé comparable à la promenade de la rue St-Hubert. À moins de dix minutes de là se trouve notre auberge qui consiste en une maison traditionnelle japonaise. Un petit ruisseau se faufile timidement au travers de la rue paisible. Des herbes folles viennent doucement caresser le rivage de ce mignon cours d’eau bordé de feuillus saules pleureurs. Alors que je me trouvais au cœur d’une grande ville animée il y a quelques minutes, je suis soudainement devant une maison typique du Japon qui aurait pu se retrouver sur le chemin d’une petite campagne pittoresque.




Au sujet des contradictions d’ailleurs, tout le groupe a eu l’occasion de faire la visite de deux temples au cours de la journée. Rien à voir avec Tokyo et ses buildings, aux affiches criardes, qui cherchent à percer les nuages. Ici, j’assiste à un retour des traditions lorsque je croise des dames vêtues de sublimes kimonos sur mon chemin vers le temple et le jardin zen.
Premier arrêt : le Pavillon d’Or. Une rangée d’arbres bien touffus me cache la vue du temple bouddhiste à l’entrée du sanctuaire. En avançant sur un sentier de pierre, je perçois la merveille qui finit par se révéler timidement à moi. La voilà enfin, brillant de mille feux par sa laque dorée dont elle est enduite. Le pavillon est entouré d’un lac calme où fleurissent des nénuphars. Les pétales rosés se balancent délicatement au passage des carpes sacrées qui agitent leurs babines au-dessus de l’eau.

Second arrêt : le jardin de pierres zen. Ce dernier est composé d’îlots qui comptent un total de quinze rochers baignant dans une étendue de gravier parfaitement ratissée. Cette simplicité m’emplit d’un certain calme après les journées chargées que je viens de passer. Ici, la nature cherche à recréer un microcosme. La nature est ainsi reproduite par… la nature. Les rochers habillés de mousse semblent être de véritables îles flottant au cœur d’une mer dessinée par les stries ondulées du râteau à travers le gravier. Par ailleurs, même si l’on compte quinze roches, il n’est possible que d’en voir quatorze à la fois. Peu importe l’angle où je me place, l’une d’elle échappe constamment à mon regard. Cette disposition calculée pourrait bien refléter l’esprit méthodique et affuté des Japonais. La pierre invisible semble être, pour plusieurs, la métaphore des sens humains faibles et réduits. La vue ne nous permet pas de percevoir toute la réalité qui nous entoure. Une partie de celle-ci nous échappe; nous n’avons que très peu conscience de l’ensemble des phénomènes qui nous entourent réellement.




Je quitte ainsi ce lieu d’une simplicité magnifique en me faisant demander pour la cinquième fois de la journée de prendre une photo avec un groupe de jeunes lycéennes. Je me sens soudainement comme une étrange curiosité…

PAR ÉLISE PROVENCHER

Les Dessous du Japon: Les policiers

Aéroport de Narita. 2 juin. 17h37, heure du Japon.

Dès nos premiers instants en terre étrangère nous avons été soumises au système de sécurité exceptionnel des Japonais. Vérification et tamponnage des visas, prise de photos, d’empreintes digitales… L’accueil a pris une toute autre couleur lors de notre rencontre fortuite avec des policiers, qui faisaient une vérification aléatoire des passeports. À notre évidente surprise, les policiers se sont avérés sympathiques, affables, gentils, souriants, hospitaliers, amicaux, respectueux, joviaux, humbles, agréables, courtois, accueillants, avenants, etc. Nous sommes bien loin de notre Québec natal.

Pourquoi leur comportement diffère-t-il autant de celui de nos « agents de la paix » ? Nous nous sommes posé la question.

Notre hypothèse : Étant de nature réservée, ils ont opté pour une approche positive à l’égard de touristes.

Le verdict : Nous avons recueilli un témoignage d’un individu du nom de M. B qui nous a affirmé connaître la raison de ce comportement : «On sent, chez les travailleurs des services publics, qu’il y a une conscience d’être redevables aux contribuables. Le service est toujours souriant et efficace.».

Il nous semble que cette conscience ne soit pas aussi fervente au Québec.

PAR MYRIAM-SOPHIE ET CATHERINE

Présentation de Myriam-Sophie Deslauriers

Les arts et la culture en général ont toujours, il me semble, constitué un besoin, que dis-je, une nécessité liée au bon fonctionnement de mon système. Bien que ressentant un intérêt profond pour toutes les formes d’arts – arts visuels, littérature, musique – c’est le théâtre qui, dès l’enfance, m’a captivée au point de vouloir en faire un métier. Je demeure néanmoins on ne peut plus fascinée par la plupart des autres disciplines artistiques : j’ai tendance à démontrer un brin d’hystérie lorsqu’on mentionne devant moi la plupart des groupes de rock des années 1960 et 1970, en particulier les Beatles et tout ce qui se rattache aux Beatles, et ce, depuis un tout jeune âge. Je me dois également de mentionner, à titre d’hommage, mon amour profond, mais malheureusement à sens unique pour Marlon Brando, Brad Pitt et Robert Redford (et, par le fait même, pour la quasi-totalité de leur œuvre).

Je ne me rappelle pas d’avoir un jour ponctuellement développé un intérêt pour les voyages et les cultures étrangères, il me semble que c’est une passion que j’ai toujours eue. Peut-être est-ce ce besoin de m’évader -- que petite, j’assouvissais par le biais de la littérature alors que je rêvais d’accéder à la plateforme 9¾; ou que j’aurais tout donné pour voir la Bavière de ma bien-aimée Sissi; ou lorsque j’aspirais à me créer mon propre Club des cinq -- qui me pousse aujourd’hui à vouloir découvrir de nouvelles contrées. Depuis ma Gaspésie natale, j’ai eu la chance de parcourir bien des pays, mais je décerne à l’Asie une place toute particulière : cette culture, par sa différence, m’attire autant qu’elle m’effraie, et je remercie Christian Braën, Guy Bourbonnais ainsi que tous mes compagnons de voyage de bien vouloir partager cette expérience unique avec moi. Le Japon est un pays qui m’a été présenté par Murakami, et j’espère à mon tour, par le biais de ce blogue, pouvoir vous transmettre un peu l’essence de notre aventure et de ce pays.

Myriam-Sophie

dimanche 5 juin 2011

Les Dessous du Japon: Myriam-Sophie et Catherine enquêtent

Tokyo, Japon. Heure indéfinie (décalage trop important).

Alors que nos bien aimés compagnons se contentent de découvrir le Japon d’un œil naïf, nous, jeunes professionnelles perspicaces et à l’affut, voulons percer les mystères du pays au soleil levant. Sous la couverture de touristes, il nous est plus facile d’étudier les particularités du Japon pour ensuite vous les dévoiler. Nous gardons l’œil ouvert.

Vous pourrez lire chaque jour nos notes d'enquête.

À votre service

Myriam-Sophie et Catherine

De Tokyo à Kyoto

4 juin 2011 – 21h15 –



Lorsqu’on arrive au Japon, une chose en particulier est terriblement marquante : l’argent investi dans les transports en commun. Tout semble propre et technologique. À la gare, un grand de trains rapides parcourent le Japon en entier (ou presque). De plus, le système de fonctionnement des autobus est vraiment efficace : on y entre par en arrière et on paye en sortant. Ainsi, pas d’engorgement en avant du bus! MIRACLE. Disons que j’éviterai de mentionner à quoi ressemble notre système de transport en commun lorsque je discuterai avec des Japonais…





PAR LAURA PELLETIER

3 juin le soir - Promiscuité et pancakes

Le hautparleur du train bondé crache une mélodie légère et cocasse. Je suis littéralement prise en sardine entre deux inconnus. Malgré la masse de gens comprimés dans un endroit si restreint, un étrange calme règne dans tout le wagon. Je n’entends quasiment que les cliquetis du cellulaire de l’homme devant moi qui s’affaire à « texter » depuis au moins quinze minutes. Ce silence excessif me trouble d’abord et finit par m’apaiser. La notion de respect de l’autre me semble primordiale chez les Japonais.

Tous, écoliers comme travailleurs, se placent en ligne bien droite en attendant le train, scène de courtoisie sociale impensable à la station Berri-Uqam! Tout semble naturellement ordonné et pratique afin de faciliter les rapports entre tout un chacun. Malgré tout, je ressens une certaine froideur et un manque d’authenticité dans leur façon distante de communiquer. Ce comportement, qui leur confère parfois une attitude que l’on pourrait parfois qualifier de « coincée », est pourtant nécessaire dans un endroit où chaque personne n’a que la possibilité de vivre et d’agir dans un espace exigu. Occidentaux rustres et égocentriques s’abstenir.
Nous entrons à l’hôtel ce soir-là après l’heure du couvre-feu. Le réceptionniste vient nous chercher au pied de l’édifice et nous mène devant une petite porte dans un recoin de l’édifice. Près de notre groupe, deux jeunes hommes ivres se roulent littéralement sur l’asphalte tels deux vers de terre chassés de leur nid un jour de pluie. La bande pénètre, à la queue leu leu, dans un étroit et sombre escalier de service. Nous débouchons sur un long corridor exigu et tortueux. Une faible lueur se répercute dans l’ombre opaque qui s’écoule dans les recoins inquiétants du couloir. Ce lieu, accentué par l’effet de ma fatigue, me semble appartenir à un monde quelque peu irréaliste. Je m’y laisse guider aveuglément en tentant de lutter contre le sommeil à travers ce véritable dédale ténébreux.

« Cette situation te fait penser à quoi?, me demande Christian le lendemain.
-Hmm un film d’action? James Bond?
-Une autre idée?
-Bien sûr! Murakami! »

Je repense immédiatement au narrateur de la nouvelle « Le petit grèbe » du recueil Saules aveugles, femme endormie, coincé dans les confins d’un corridor infini et labyrinthique. Je revois également le personnage de Toru Okada, tiré du roman Chroniques de l’oiseau à ressort, poursuivant une quête onirique à travers les couloirs animés d’une force fantastique d’un hôtel de Tokyo. Cette situation, qui m’a d’abord parue banale, se révèle maintenant dans mes souvenirs comme singulière et énigmatique.

PAR ÉLISE PROVENCHER

Note aux lecteurs

Chers lecteurs,

Dans la colonne de droite, vous remarquerez un diaporama. Il est alimenté par les photos prises par les étudiants au cours de leur odyssée. Cet album sera mis à jour quotidiennement.

Si vous souhaitez voir l'intégralité des photos, il vous suffit de cliquer sur le diaporama.

Bonne lecture!

samedi 4 juin 2011

Des voyageurs affamés de découvertes

On a cogné à notre porte, personne ne bouge : nous ne sommes pas encore remis de notre décalage. Ça recommence, je me lève et vais voir. Il est temps de se lever, un déjeuner nous attend à seulement quelques pas de notre chambre. Après avoir freiné notre fringale, nous sommes partis conquérir la ville de Tokyo, grande ville qui peut être comparée à la ville de la grosse pomme. De gros gratte-ciels imposent leur stature autour de nous, faisant de l’ombre à ceux qui tentent, pendant quelques minutes, de fuir cette sphère de feu, qui nous avait suivis.

Laissés libres, le temps que l’horloge n'entame un tour complet, nous avons pu nous promener dans une rue de Tokyo, où se trouvaient de nombreuses boutiques. Élise et moi avons trouvé très amusants les quelques articles d’un magasin, souvent très mignons ou encore très loufoques. Les peluches en forme de pointe de pizza côtoyaient les arachides. Une suce pour bébé, qui une fois à l’intérieur de la bouche, nous offrait une tout autre vue de cette bouche de gamin. Parfois elle avait l’allure d’un monstre, ou d’une bouche pulpeuse de jeune femme.

Au cours des quelques premières heures de notre périple en terre du pays du soleil levant, nous avons pu constater que les Japonais exhibaient quelques extravagance, tels que de petits objets accrochés aux téléphones, qui de différentes tailles et couleurs, attirent l’œil. Tout le monde en a au moins un, qui souvent prend la forme de petits toutous en forme d’ours.

Pour cette journée du 3 juin, la station Shinjuku a été notre point départ vers la découverte de cette ville immense, où il y a toujours des flots incessant de gens qui traversent les rues et des automobiles, toujours plus extravagantes les unes que les autres. Des taxis noirs, turquoise et jaunes s’imposent dans cet univers de carcasses métalliques.

Nous avons entrepris de découvrir cette ville remplie de monstres de béton, nous avons marché à travers différents artères de la ville, pour nous rendre compte que cette ville n’est pas si différente de celles que nous connaissons, à l’exception du fait que la plupart du temps, nous ne comprenons pas les indications; il est si rare de ne pas reconnaître les signes qui nous parlent dans une ville.

En fin d’après-midi, un petit café nous a accueillis, où nous sommes assis pour parler de tout et de rien. Cette scène m’a laissé croire que nous aurions pu être à Montréal, entre amis, pendant une belle journée ensoleillée.

Une deuxième journée passée dans ce pays, donc. Je ne me sens pas trop dépaysée pour le moment, mais demain, c’est Kyoto, une nouvelle ville qui nous attend, vers laquelle nous irons, pour continuer ce périple qui ne vient que de commencer.

PAR SARAH-KIM BOUDREAULT